retour à la page précèdente contact programme plan et infos accueilNé à Londres en 1967, Marc Ming Chan y passe ses quatre premières années puis quitte l’Angleterre pour Hong Kong, ville natale de son père, pour s’installer ensuite, en 1975, dans les Ardennes Françaises, la région de sa mère. Ses parents possédant à Charleville-Mézières un atelier de peinture et une boutique d’encadrement, il bénéficie dès le plus jeune âge d’un environnement artistique au sein duquel il acquiert les bases qui l’amèneront en 1984 à l’Ecole Supérieure des Arts Appliqués Duperré de Paris. Sans pour autant être l’élève de son père, lui-même artiste peintre, c’est dans son atelier qu’il commence à développer un goût particulier pour le figuratif, et notamment pour les dessins d’hommes au fusain agrémentés de textes. En 1986, il y crée ses premières toiles, des boxeurs de grandes dimensions peints dans la technique de l’acrylique. Ce « gigantisme » se retrouvera dans sa première production parisienne, notamment dans les fusains réalisés avec une gestuelle ample et mesurant jusqu’à deux mètres sur deux. Parallèlement, il travaille la technique du trompe-l’oeil, il avec une précision et un sens du détail qui annoncent les compositions extrêmement fouillées des dessins hyper-réalistes de ces dix dernières années. Puisant sa matière dans toutes les époques – entre autres chez Rembrandt, Ingres et Bacon –, il manifeste dès lors une propension, toujours croissante, à un faire académique « mâtiné » d’images d’aujourd’hui imposées non seulement par l’actualité, la cinématographie, etc… mais aussi par la société de consommation, dans laquelle la pornographie tient selon lui une place importante. L’année 1996 voit la création de Fury 161, sa propre société de création graphique, et l’émergence d’une nouvelle direction de travail. C’est dans le petit format – 21 x 29,7 cm notamment – que s’exprime alors le mieux l’hyperréalisme de ses dessins et la fascination qu’exerce sur lui l’univers du soldat. Il transcende alors son attrait pour l’uniforme, évocation puissante de la virilité, en reproduisant des heures durant et avec une minutie obsessionnelle les détails des différentes tenues militaires, ainsi que les armes qui sont autant d’objets phalliques. Par ailleurs, il réalise en parallèle des croquis érotiques qui confinent, par l’observation accrue des détails physiologiques, aux études anatomiques classiques qu’il transgresse iconographiquement par l’expression de ses fantasmes sexuels. Ces croquis, exécutés tels des dessins préparatoires « inachevés », puis complétés d’éléments graphiques et typologiques, constitueront l’ouvrage qu’il édite à compte d’auteur en 1997 sous le titre de Pornotraffic. Dans la même année sera également édité From 0 to 1, un recueil rassemblant des dessins hyperréalistes à l’iconographie exclusivement militaire, ainsi que des graphismes compilant textes et photos. Parallèlement à son activité artistique, Marc Ming Chan est coordinateur artistique dans une maison de prêt à porter et de haute couture, domaine qu’il connaît particulièrement bien, puisqu’il y travaille depuis 1988. Ce parcours professionnel dans la mode fut interrompu pendant trois ans, période durant laquelle il se consacra à sa société Fury 161. Depuis la fermeture de cette dernière, il signe désormais ses créations de son propre nom. Aujourd’hui Marc Ming Chan oriente ses recherches graphiques et picturales vers un style que d’aucuns qualifieraient de « néo-académique ». Ses compositions accusent une facture et une mise en page toujours plus classiques, voire une forme d’académisme qu’il transgresse par une iconographie révélant son intérêt pour le monde dans lequel il vit et fantasme – en atteste particulièrement le tondo exécuté en 1998 –, mais aussi pour les sociétés policées du XIXème siècle. Ses derniers portraits, Le rouge particulier (2001) et Le père de… (2003), représentent justement des personnages dont l’élégance austère évoque son époque de prédilection, mais témoignent encore de son inclination pour la peinture ancienne, ainsi que le dénote P38/variation n°1 (2004) dont l’atmosphère fantastique s’inspire de celle d’un Jérôme Bosch.
Partenaires de l'exposition
Prolongation jusqu'au 22 juillet
Marc Ming Chan Dessin Mines de Plomb 09 juin au 09 juillet 2011
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