retour à la page précèdente accueil programme artistes contact plan et infosPatrick Sarfati - Photographie - " Demi- dieux " Les lutteurs d'Istanbul 30 novembre 2011 au 7 janvier 2012
Patrick Sarfati, Photographe, accroche aux cimaises de Point Rouge Gallery, du 30 novembre 2011 au 7 janvier 2012, son exposition « Demi-Dieux, les Lutteurs d’Istanbul ». DEMI-DIEUX LES LUTTEURS D’ISTANBUL Comme pour la « BO » d’un film à grand succès, tout est déjà annoncé dans le titre, me diriez-vous ? Plantons alors le décor… La Turquie, et plus précisément Istanbul, ville de tous les contrastes et de tous les paradoxes, union de l’Occident et de l’Orient, en toile de fond… Mettons en scène les acteurs, en arrière plan. A savoir, des lutteurs qui combattent torse nu, et qui portent uniquement une culotte, en peau de buffle, huilée serrée sous les genoux…L’intrigue du film me diriez-vous ? Nos colosses, aux muscles seyants, et aux corps huilés, doivent renverser leur adversaire, en passant la main sous la ceinture de celui-ci. Puis ; ils doivent le maintenir tête en bas et jambes en l'air, à la verticale, pendant quelques secondes. Culotte déchirée ? Disqualifié ! Des combats à même la terre sèche ou sur l'herbe verdoyante. Pourtant dans cette série de tirages argentiques, il serait « clichés » de penser que Patrick Sarfati nous fait son « cinéma ». Résolument non ! UNE SEMIOLOGIE AUTHENTIQUE Non… Parce que la « Sémiologie de l’artiste» est présente : toujours Honnête et toujours Sincère, avec pour Convictions du Noir, du Blanc, de l’Athlète, des Ombres, une Lumière, des Fantasmes, des Désirs, des Transmission, de l’Abstraction, une Peau, de la Chair, du Dévoilé, le Masqué, la Tentation, le Constructivisme, l’Abstraction, l’Art Déco, une inspiration 40 – 50 – 60 – 70 sont la. Une sublime esthétique qui nous renvoie à l’érotique culte du corps. Une Sémiologie authentique qui révèle et a toujours révélé une époque. UN EQUILIBRE TOURBILLONANT VERS UN RITUEL, UNE INITIATION Le photographe nous met en lumière sa vision d’une réalité à un instant donné dans un équilibre tourbillonnant, entre reportage et posture académique. Acharnée mais tenace. Résolue mais coriace. Les nœuds des muscles s’étreignent, saisis par l’objectif et un œil aiguisé. Des poitrines qui s’entrechoquent et s’époumonent. Au Bayrampasa Spor Kompleksi d’Istanbul, la lutte se pratique à l’état brut. Avec des gestes séculaires…Ici une nuque et l’amorce d’un dos, plus loin un regard profond. Soudain des corps, sous tension, apparaissent à l’image. Ils racontent des combats ancestraux qui se répètent au fil du temps… Des rituels séculaires, Des initiations… Vous l’aurez compris, Patrick Sarfati se joue des différents champs lexicaux : celui de la force qui s’entrelace avec le prix de la vaillance, celui de la figure du pionnier, du père qui initie à la conquête, à la maturité, pour se grandir. Une confusion de bras et de jambes mêlés comme des serpents… A l’attaque, jamais vaincu, sur la défensive, fort comme un turc ! Une série de photos passionnées, avec du souffle… Des gémissements, des râles. Des lutteurs qui poussent et ahanent comme des damnés. Une série, réalisée dans les années 90, qui tout comme son œuvre globale, diffuse l’alchimie de son « écriture photographique ». Au delà d’une vision filmique, mises bout à bout, ces photographies sont les séquences de son road-movie intime… Une vie ou « Le corps est l’architecte du désir ». COLLECTIONNEUR D’IMAGES Une vie à la recherche du temps perdu, à collectionner des images… Une vie, sous hypnose comme dans un « songe éveillé » pour produire, photographier et capter l’essentiel de ses obsessions… Une vie faite de merveilleuse rencontre comme celle d’Ertha Kit qui lors d’un shooting lui dira « I’m still here »… Flash Back ? Rembobinons la pellicule et retrouvons Patrick Sarfati, alors agé de 21 ans. Il expose à Berlin… Une deuxième exposition s’enchaine par la suite à Paris. Stop-Retour sur image avec des premières photographies abstraites… 1978 Patrick Sarfati est à Paris dans une bulle « Warholienne » tout en super 8 : Yves Saint Laurent, Lagerfeld, Loulou de la Falaise. Le Palace… Fascinant et inspirant… Sautons une séquence, et retrouvons le, Boulevard Sébastopol, dans les années 80 ou Patrick croise un « jeune » du prénom de Jean Claude. Sarfati shoote Vandamme pour le carton d’invitation du défilé « Héros » de Jean Paul Gaultier. Le début du « tout possible », le début d’une « émancipation » ou de la première couverture de « Gay Pied » à celle de « Magazine », en quelques « clics », le photographe immortalise toute une société en mutation. UNE RENCONTRE Au détour d’une galerie, dans un livre d’art, ou tout simplement en effeuillant un magazine, nous avons, tous et toutes, le souvenir d’avoir « rencontré » une photographie de Patrick Sarfati. Son œuvre participe à la construction d’un inconscient collectif global : une touche de Tom of Finland… Une brise qui nous vient d’un Studio Américain, un anonyme, sublimé par l’objectif, au corps érotisé… Alors cher Patrick, nous avons tous et toutes des choses qui nous rendent plus heureux, et nous pouvons tous nous en passer, mais il se trouve que la vie est beaucoup plus belle lorsqu’on passe un peu-beaucoup de temps à faire ces choses, et parmi elles, pour vous à la folie, il y a la Photographie. Alors cher Patrick, Continuez encore à nous faire rêver. William Arlotti
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